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Analytical summary - Health system outcomes

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L’état de santé des populations togolaises reste très précaire (PNDS 2009-2013, P12). Le système de santé du Togo n’a qu’un impact limité sur la santé de la population. La faiblesse des ressources humaines et financières associée aux effets de la crise économique persistante a des effets négatifs considérables sur les services avec pour conséquences une baisse importante de la performance du système de santé.

Cette situation se caractérise sur le plan épidémiologique par des taux élevés de morbidité et de mortalité dus aux maladies infectieuses et parasitaires qui pourtant peuvent être prévenues. Des facteurs tels que la pauvreté, les croyances et le comportement des populations les suscitent ou les aggravent.

Les indicateurs sanitaires montrent que les efforts déployés durant cette dernière décennie, n’ont pas permis d’atteindre les objectifs poursuivis. Dans l’ensemble, les indicateurs notamment ceux de la santé maternelle et infanto juvéniles n’ont connu que peu d’amélioration ou se sont parfois dégradés au cours de la dernière décennie en raison de l'environnement socio-économique peu favorable et de la détérioration de la qualité des prestations dans les établissements sanitaires, surtout ceux du secteur public (MICS 2 et 3).

Toutefois, des progrès significatifs ont été enregistrés dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination et certaines maladies prioritaires des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) cf rapport sur les OMD .

Néanmoins, beaucoup d’efforts restent à fournir pour la promotion de la santé et l’accès aux soins de qualité surtout en santé maternelle et infantile. A ce jour, le profil épidémiologique des maladies non transmissibles n’est pas connu bien que le pays connait aussi une transition épidémiologique. Il est donc important qu’un regard particulier soit porté sur ces maladies chroniques non transmissibles notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète, la drépanocytose, les cancers, etc.

Forces:

  • Réduction de la morbidité et la mortalité spécifiques notamment le paludisme, la tuberculose, le VIH/Sida par suite de la mise en œuvre de programmes prioritaires soutenus par le Fonds mondial, les partenaires du secteur, les ONG et la société civile :
  1. L’incidence du paludisme est passée de221 cas/1000 hbts à 104 cas /1000 hbts en 2009 (Rapport PNLP,1990 et 2009)
  2. Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, connait également une baisse, de 123‰ (MICS3, 2006) à 97‰ (Enquête CDC Atlanta, 2007) puis à 70‰ (Evaluation URD, 8-9/2009)
  3. Le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans atteints de paludisme simple correctement pris en charge dans les 24 h est passé de 10,9% en 2007(Enquête CDC Atlanta) puis à 12,1% en 2009 (Evaluation URD)
  4. La prévalence du VIH dans la population adulte (15-49 ans) a diminué de 5,9% (en 2002) à 3% (rapport UNGASS 2009)
  5. Le taux de mortalité infantile a diminué de 80 cas en 1998. à 77 cas en 2006 (MICS-3, 2006) puis à 64 en 2008 (revue UNICEF, 2010) pour 1 000 naissances vivantes grâce en partie à la performance du programme PEV qui a permis d’enregistrer une couverture vaccinale complète supérieure à 80% (à confirmer)
  6. Le Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est passé de 146°/oo en 1998 à 123°/oo en 2006 (MICS-3, 2006) puis à 98°/oo en 2008 (revue UNICEF, 2010)
  • Bonne couverture vaccinale notamment contre la poliomyélite (89%), la tuberculose (89%) (rapport 2009 DEPI) ; la rougeole (83% 2009)
  • Le Togo est retenu pour la certification de l’éradication du ver de Guinée : 0 cas en 2008 contre 10.390 cas en 1993
  • Timide amélioration de la situation nutritionnelle des enfants à partir de 2008 : la prévalence de l’insuffisance pondérale est de passé de 26% en 2006 a 20,5% a partir de 2008 (Enquête SMART)
  • Légère amélioration de certains facteurs intimement liés à la mortalité maternelle : la proportion d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifié est passé de 49% à 61% ; la prévalence de la contraception moderne a augmenté de 8% à 11,3% et une baisse de la fécondité (ISF) de 5,4 à 5,17 entre 1998 (EDS) et 2003 (ASSR)


Faiblesses:

  • Lenteur des progrès pour la réalisation des objectifs nationaux de santé et des OMD liés à la santé
  • Fort taux de mortalité maternelle avec une tendance à la hausse au cours des dernières décennies: le taux de mortalité maternelle est passé de 478 pour 100.000 naissances vivantes (EDST 1998) à 500 (OMS, rapport 2009)
  • La mortalité néonatale (39%o en 2008) est un véritable goulot d’étranglement pour réduire la mortalité infantile
  • Des insuffisances dans la prévention du paludisme : seulement 27,8% des femmes enceintes ont reçu la 1ère dose de TPI en 2009 (Evaluation URD)
  • La persistance des pratiques socioculturelles néfastes à la santé de la mère et de l’enfant comme les Mutilations génitales féminines (6,9% en 2007, Rapport sur les MGF DGGPF), et les rites dégradantes de veuvage (Etude sur les violences basées sur le genre, 2009)


Recommandations:

  • Développer un plaidoyer pour soutenir les réalisations en cours et accélérer les interventions pour la réduction de la mortalité maternelle et infantile en accompagnant la campagne pour l’accélération de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA)
  • Améliorer l’accessibilité aux services de santé à travers la mise en œuvre (i) d’une politique d’assurance maladie inclusive, (ii) et des campagnes de sensibilisation en vue de l’abandon des pratiques traditionnelles néfastes à la vie de la mère et de l’enfant
  • Améliorer l’efficacité et l’efficience de la mise en œuvre des programmes de santé pour une atteinte effective des résultats
  • Améliorer la qualité de la prise en charge pédiatrique afin d’offrir la chance à tous les enfants infectés, d’avoir accès aux ARV par la disponibilité du diagnostic précoce par PCR (Polymérase Chain Reaction ou Réaction en Chaîne par Polymérase)
  • Mener des études épidémiologiques spécifiques sur les Maladies Non Transmissibles permettant d’élaborer des Plans stratégiques intégrés
  • Renforcer la surveillance épidémiologique afin de mieux apprécier les tendances actuelles en matière d’évolution des maladies transmissibles évitables par la vaccination
  • Renforcer les pratiques de suivi et d’évaluation des performances du système de santé pour une planification et programmation des interventions fondées sur des preuves afin de maximiser les résultats
  • Renforcer les acquis actuels sur les maladies transmissibles telles que l’ulcère de Buruli, le noma, la filariose lymphatique, la bilharziose, la lèpre, la trypanosomiase, le pian
  • Rendre systématique la réalisation des enquêtes de base notamment l’EDS, le Recensement national de l’agriculture, le Surveillance des déterminants des maladies non transmissibles (enquête STEPS)