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MDG Goal 6: Combat HIV/AIDS, TB, malaria and other diseases

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CIBLE 7 : Stopper d’ici 2015, la propagation du VIH et commencer à inverser la tendance

Par sa position géographique, sur la ligne de l’Equateur, le Gabon bénéficie d’un climat chaud et humide et d’un espace forestier qui représente 80% de la superficie totale du pays. Ce milieu humide et insalubre favorise la prolifération des maladies endémiques comme le paludisme, la trypanosomiase, et bien d’autres, qui sont à l’origine d’une importante mortalité, notamment celle infantile, même si c’est la pandémie du VIH qui retient principalement l’attention.

L’infection au VIH est l’une des plus graves crises sanitaires que le monde ait jamais connues. Selon le dernier rapport épidémiologique de l’ONUSIDA de 2008, plus de 33 millions de personnes étaient infectées par le VIH, et l’Afrique subsaharienne paie le plus lourd tribut de cette pandémie avec 67% de personnes vivant avec l’infection.

Le Gabon, avec une prévalence du VIH de 5,2% en 2009, fait face à une épidémie de type généralisée, c'est-à-dire qui se propage dans toutes les couches de la population. A ce jour, le nombre de personnes vivant avec le VIH est estimé à 63 000.

Ainsi, accorder une importance à la lutte contre le VIH dans les politiques de développement reste avant tout un investissement indispensable, d’autant plus qu’elle participe au progrès dans les autres domaines, à savoir l’éducation, la pauvreté, la croissance économique, etc. Autrement dit, les insuffisances en matière de santé publique, en particulier en matière de lutte contre le Sida, sont des obstacles à tout processus de développement.

Situation actuelle et tendances

L’Enquête de surveillance sentinelle réalisée dans les 9 provinces du Gabon en 2009 estime la prévalence nationale du VIH à 5,2%. Comparée aux chiffres de 5,9% de 2007, la prévalence du VIH au Gabon semble indiquer une tendance vers la stabilisation de l’épidémie (Graphique 13) Cependant, la surveillance des tendances évolutives de la prévalence du VIH chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans en consultation prénatale, reflet de l’incidence du VIH dans la population générale, indique une progression de 3,6% en 2007 à 4,8% en 2009.

Cette évolution montre à quel point il est nécessaire de maintenir et d’intensifier les efforts de prévention contre le VIH/SIDA. Les enquêtes de surveillance comportementale réalisées en 2007 et 2010, indiquent que les professionnels du sexe demeurent un groupe à risque élevé de transmission du VIH, avec une séroprévalence qui est passée de 20% en 2007 à 23,2% en 2009.

A titre de comparaison, le Gabon à un niveau de prévalence de l’épidémie équivalent à la moyenne de l’Afrique au sud du Sahara (5.2%), mais nettement supérieur à celui de l’ensemble des pays en développement qui est de 1,2%.

Graphique N° 13 Tendance évolutive de l’infection au VIH au Gabon[1]
Tendance évolutive de l’infection au VIH au Gabon-gabon.PNG
Source : PNLS, ONUSIDA

Politiques et programmes

Pour faire face à l’ampleur de l’épidémie du SIDA les autorités ont fait de la lutte contre l’épidémie du VIH/SIDA une urgence qui nécessite des réponses structurées, d’où la mise en place du Conseil National de Lutte contre le SIDA et les IST (CNLS-IST), lequel constitue l’organe central de concertation et d’orientation.

Le premier Plan Stratégique National de Lutte contre le VIH a été élaboré en 2001, et mis en oeuvre au cours de la période 2002-2006. Elaboré en 2007, le Deuxième Plan Stratégique National, qui couvre la période 2008-2012 vise comme objectifs (i) la réduction d’au moins 50% du pourcentage des nouvelles contaminations, (ii) l’amélioration des conditions de prise en charge des PVVIH et des personnes infectées ; (iii) la stabilisation de la prévalence de l’infection.

Ce dernier est assorti d’un plan opérationnel qui couvre la période 2009-2010. Son coût estimé à 7,052 Milliards FCFA, concerne quatre composantes stratégiques :

  • La prévention de la transmission du VIH et des IST. Il s’agit d’étendre les activités et les programmes de prévention dans toutes les localités du pays, notamment par l’intensification des actions de sensibilisation ;
  • La prise en charge globale des PVVIH et des OEV. Il est question ici non seulement de la prise en charge médicale, mais aussi de la prise en charge psychosociale, nutritionnelle, juridique et communautaire des PVVIH et des OEV ;
  • La surveillance épidémiologique et la recherche opérationnelle sur le VIH et le SIDA. Elle permet de suivre l’évolution de l’épidémie et des comportements dans la population générale et les groupes spécifiques, dans le but de fixer une stratégie ;
  • La coordination, le suivi/évaluation et la mobilisation des ressources. L’atteinte et la réussite de politiques de lutte contre le VIH/SIDA sont largement tributaires de l’efficacité de la coordination nationale, d’un système national de suivi-évaluation performant et surtout de la mobilisation des ressources nationales et internationales pour soutenir les différentes actions.

CIBLE 8 : Maîtriser d’ici 2015, le paludisme et d’autres maladies, et avoir commencé à inverser la tendance actuelle

Bien que n’ayant pas un écho aussi large que celui du VIH/SIDA ou d’autres infections sexuellement transmissibles (IST), le paludisme, la tuberculose et bien d’autres maladies représentent également un problème majeur de santé public au Gabon.

Situation actuelle et tendance

S’agissant du paludisme, la maladie est répertoriée depuis plus d’une décennie comme étant l’une des plus meurtrières par l’OMS. On enregistre entre 300 et 500 millions de cas par an et près de 1 million de décès chaque année. Au Gabon, elle est la première cause de mortalité, c’est dire qu’elle tue plus que le SIDA. Les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans constituent le groupe le plus vulnérable.

En effet, environ 30 à 50% des cas de fièvre chez l’enfant de moins de dix ans sont dus au paludisme quelle que soit la période de l’année. Et dans cette tranche d’âge, 38% des cas de paludisme évoluent vers une forme grave. Les taux de prévalence montrent combien la maladie est présente et surtout l’intensité des efforts qui restent à consentir.

Pour ce qui est de la tuberculose, la maladie affecte encore plusieurs centaines de Gabonais. Selon les données de l’OMS, le taux d’incidence de la tuberculose au Gabon, était de 280 pour 100.000 habitants en 2006 ; le taux de détection étant de 54%, celui de guérison DOTS de 44%, et de 50% pour celui de perdus de vue.

Contrairement au paludisme, le taux de prévalence qui était très élevé entre 2005 et 2007 décroit chaque année, même si ce n’est pas de manière significative. Ce qui justifie un effort au niveau des stratégies mises en place pour lutter contre la progression de la maladie.

Politiques et programmes en cours

Pour faire face au paludisme, les stratégies de lutte reposent sur les deux actions suivantes :

  • La prévention : elle suppose la promotion et l’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée d’efficacité et l’utilisation de la sulfadoxine pyrimétamine chez la femme enceinte à partir du 2ème trimestre de la grossesse. Sur le plan curatif, l’apparition du phénomène de résistance du parasite à la chloroquine (supérieur à 50% dans plusieurs régions), a conduit à l’introduction des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) ;
  • Le traitement : son évaluation nécessite d’émettre des hypothèses par rapport aux taux de couverture, aux données relatives au profil de la maladie (pourcentage de falciparum), au nombre de cas, à la proportion des cas traités. Chacune de ces variables fait l’objet d’un calcul de coûts fondé sur la tarification internationale.

La mise en oeuvre de ces politiques a donné lieu à de nombreuses actions, dont : la formation et le recyclage des personnels de santé, la réalisation des programmes de suivi-évaluation, de communication pour le changement de comportement, la distribution des MIILDE aux deux cibles et surtout la prise en charge des cas de paludisme.

Par ailleurs, deux enquêtes ont été réalisées : l’une sur la faisabilité de la PECADOM dans la province du Moyen Ogooué, l’autre sur l’impact des interventions de lutte contre le paludisme au niveau des formations sanitaires.

D’autres actions sont prévues jusqu’en fin 2011. Il s’agit de la poursuite des activités formation/recyclage, l’achat et la distribution des MIILDE, la prise en charge des cas de paludisme à domicile (PECADOM), l’amélioration des opérations de suivi-évaluation. L’objectif visé est l’élaboration d’un nouveau plan stratégique pour la période 2011-2015, lequel permettra d’améliorer la qualité des interventions et des actions à mener.

En ce qui concerne la tuberculose, la stratégie de lutte a conduit à retenir tout comme le paludisme, les interventions relatives à :

  • La prévention, notamment par le biais des programmes de vaccination, le dépistage au niveau des bases épidémiologiques ;
  • Au traitement de la maladie, avec la prise en charge des cas dans les hôpitaux, et principalement l’hôpital spécialisé de Nkembo à Libreville, la dotation gratuite des médicaments aux malades.

Pour un meilleur impact, d’autres actions sont prévues, à savoir : l’intensification des programmes de sensibilisation, la mise en oeuvre systématique du traitement DOTS, l’approvisionnement régulier et permanent des structures sanitaires en médicaments antituberculeux (actuellement en rupture), le renforcement des capacités humaines et matérielles.



  1. Données 1990 = valeur 1994-1995 ; données 2005 = valeur 2004, données 2010 = valeur estimée 2007