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MDG Goal 6: Combat HIV/AIDS, TB, malaria and other diseases

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Cet objectif couvre trois cibles:

a- Mettre fin à la progression du VIH-SIDA d’ici 2015 et commencer à inverser la tendance.

Les données nécessaires au calcul de la prévalence du VIH-SIDA sont encore une fois peu nombreuses et rendent difficile l’établissement d’un diagnostic argumenté, notamment sur l’évolution du phénomène. L’enquête de séroprévalence de 2005 conduit à un taux de prévalence de 3,3 %. Ce taux est confirmé par la proportion des femmes enceintes entre 15 et 49 ans qui étaient infectées en 2006, soit 4 %.

Les données de l’OMS sont proches de ces observations :

Tableau 20 : l’incidence du VIH-SIDA et la connaissance de la maladie, selon l’OMS en 2007
Pays Burkina Cameroun Centrafrique Tchad Niger Nigéria Soudan
Taux de prévalence 1,6 5,1 6,3 3,5 0,8 3,1 1,4
Connaissance du VIH-SIDA hommes 23 34 27 19 16 21 nd
Connaissance du VIH-SIDA femmes 15 27 17 7 13 18 nd
Sources : Base de données de l’OMS-Juin 2010.

Le taux de prévalence cache de fortes disparités au sein de la population que révèle l’enquête de séroprévalence. Ce sont les milieux urbains qui sont les plus frappés par la pandémie : la prévalence atteint 7 % en milieu urbain, contre 2,3 % en milieu rural. N’Djaména est la ville la plus touchée : 8,3 %. Selon les régions, le Logone oriental affiche la plus forte prévalence (9,8 %) et le Ouaddaï la plus faible (1,2 %).

Une analyse entre 2003 et 2009 à Bol, près du lac Tchad, montre une forte progression du phénomène : la prévalence chez les femmes enceintes y est passée de 5 à 9,5 %[1].

Enfin, on dispose d’informations inquiétantes sur une population à risque : une enquête réalisée en 2009 auprès de prostituées montre que la séroprévalence générale y atteint 20 % (25,5 % à N’Djaména, 27,5 % à Kélo[2] ).

b- Assurer en 2010 l’accès universel au traitement du VIH-SIDA pour ceux qui en ont besoin.

Le chef de l’Etat a décrété la gratuité de la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH lors de la journée nationale du SIDA en avril 2007.

200 000 personnes environ (dont 23 000 enfants) vivent avec le VIH au Tchad en 2010. Le nombre de patients ayant accès au traitement ARV a fortement progressé au cours des années récentes : 1500 en 2005 ; 7215 en 2007, 17 900 (dont 300 enfants) en 2008 et 32 288 (dont 676 enfants) en 2009[3]. La proportion de la population nécessitant un traitement et qui en bénéficie est passée, selon les sources nationales de 0,8 % en 2005, à 10 % en 2006, 32 % en 2008 et 49 % en 2009. Le nombre de Centres de Conseils et de Dépistage Volontaire a doublé entre 2008-2009, passant de 36 à 72. Le nombre de Centres de Prescription est passé de 11 à 64 entre 2005 et 2009. L’évolution de la connaissance du SIDA chez les jeunes a également augmenté.

Les données de l’OMS permettent de situer le Tchad par rapport à ses voisins.

Tableau 21 : taux de traitement par ARV pour les personnes devant être traitées en 2007 :
Pays Burkina Cameroun Centrafrique Tchad Niger Nigéria Soudan
Taux 35 25 21 13 10 26 1
Sources : base de données de l’OMS-Juin 2010.

La lutte contre le VIH SIDA a débuté dès 1988 avec la Commission nationale de lutte contre le VIH SIDA. Un Plan stratégique national de lutte contre le Sida a été mis en oeuvre en 1999 avec l’aide de divers partenaires. Le partenaire principal dans la lutte contre le VIH SIDA est le Fonds Mondial, qui finance l’essentiel de la stratégie. La dernière phase de financement (« round » ou cycle 9) apportera 57 millions de $ EU à partir de 2010, pour une période de cinq ans. Le Fonds Mondial finance la mise en place et le développement des principales formes de prévention : transmission sexuelle ; transfusion sanguine ; transmission de la mère à l’enfant ; dépistage (centres de dépistage volontaire). Le fonds contribue en outre à la prise en charge des traitements (ARV), et des infections opportunistes. Il appui la prise en charge communautaire (formation des communicateurs sociaux ; prise en charge des orphelins du SIDA…).

c- Mettre fin à la progression du paludisme et des autres grandes maladies d’ici 2015 et commencer à inverser la tendance :

Le paludisme est une des causes majeures de mortalité au Tchad.

Il s’agit de la première cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans. L’incidence augmente très sensiblement du Nord au Sud du pays.

On manque toutefois d’indicateurs pour qualifier l’évolution du phénomène. D’après le Ministère de la Santé Publique, l’incidence du paludisme était de 22 % en 2005, contre 12 % en 1990 et 20% en 2000(sources : DSIS 2005, 1990 et 2000 et PNLP). Ces chiffres peuvent cependant refléter des progrès dans la détection, notamment depuis le lancement du Programme National de Lutte contre la Paludisme (PNLP) en 1991.

Créé pour coordonner les actions de lutte contre le paludisme au niveau national, ce programme a des faiblesses, qui se traduisent par des ruptures fréquentes des médicaments antipaludiques et des moustiquaires. Il ne dispose pas, en outre, de suffisamment de personnel compétent pour répondre à toutes les demandes des niveaux régionaux et des districts.

Tableau 22 : Mortalité due au paludisme (pour 100 000 habitants) selon l’OMS en 2006 :
Pays Burkina Cameroun Centrafrique Tchad Niger Nigéria Soudan
Taux 178 116 100 173 229 156 85
Sources : Base de données de l’OMS-Juin 2010.

Une stratégie, couvrant la période 2005-2010, et visant les personnes les plus exposées (les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes) a été élaborée sous l’égide du Haut Conseil National de Coordination de la lutte contre le paludisme et la tuberculose).

Le Fonds Mondial finance l’essentiel des interventions en matière de paludisme. Son Conseil d’Administration a approuvé en janvier 2010 un financement de 30 millions de $ EU pour les cinq années à venir. Il s’agit d’assurer l’accès universel aux interventions-clefs contre le paludisme, notamment au niveau de la prévention (moustiquaires imprégnées, aspersions intradomiciliaires), le diagnostic rapide, le traitement préventif des femmes enceintes, le suivi du programme et la communication.


La tuberculose

Les données disponibles montrent une légère croissance de la mortalité due à la tuberculose entre 2005 et 2007, le taux passant de 5 à 6 %. Le taux de détection de la maladie reste faible (34 % en 2008), et le suivi en est difficile faute de recueil systématique et d’analyse des données.

Selon l’OMS, la prévalence de la Tuberculose est en sensible progression dans la plupart des pays de la sous-région entre 2000 et 2008.

Le développement de la tuberculose en tant que maladie opportuniste liée à la baisse de l’efficacité du système immunitaire pour les personnes atteintes du VIH-SIDA est observé dans tous les pays. Au Tchad, 70 % des tuberculeux sont co-infectés et 30 % des porteurs de VIH développent la tuberculose. Cette co-infection serait à l’origine de la surmortalité des personnes vivant avec le VIH observées dans les formations sanitaires.

Tableau 23 : Prévalence de la tuberculose entre 2000 et 2008 selon l’OMS
Pays Burkina Cameroun Centrafrique Tchad Niger Nigéria Soudan
2000 410 270 440 510 310 600 150
2008 490 150 420 580 330 610 160
Sources : Base de données OMS-Juin 2010.

Le Fonds Mondial est un acteur essentiel dans la lutte contre la tuberculose. Dix millions de $ EU ont été mobilisés en 2010 pour les cinq prochaines années. Il contribue de façon décisive à la mise en oeuvre du Programme National de lutte contre la Tuberculose, notamment, en poursuivant la stratégie DOTS pour le dépistage et le traitement ; en appuyant la lutte contre la co-infection Tuberculose-VIH SIDA et la tuberculose multirésistante.




  1. Rapport de la situation nationale à l’attention de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA (UNGASS), janvier 2008-décembre 2009
  2. Rapport de l’Enquête Nationale de Séroprévalence du VIH/SIDA au Tchad 2005
  3. Rapport de la situation nationale à l’attention de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA (UNGASS), janvier 2008-décembre 2009