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Analytical summary - The physical environment

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Au Bénin, en raison de l’inexistence d’un réseau de transport en commun intra-urbain développé, les motocyclettes constituent les moyens de déplacements les plus développés dans les principales villes du pays. Ces moyens de transport, outre les risques d’accidents de circulation auxquels ils exposent les usagers [1], constituent une importante source de pollution de l’air [2]. De même la propension des béninois pour l’utilisation des véhicules d’occasion venus d’Europe et d’Amérique du fait de leur coût abordable contribue à l’aggravation de ce phénomène. A cela s’ajoutent l’utilisation continuelle des carburants de mauvaises qualités ainsi que le manque d’entretien des moteurs.

L’impact de la pollution atmosphérique sur la santé se traduit par une augmentation rapide de l’incidence des maladies respiratoires, des allergies et des maladies de la peau. D’après les résultats d’une étude menée sur les effets de la pollution de l’air de la sur l’organisme des conducteurs de taxi moto plus grande ville du pays (Cotonou) [3], il ressort que l’exposition au benzène était significativement plus élevée dans la ville comparée avec celle du village (76,0 ± 26,8 µg/m3 contre 3,4 ± 3,0). Aussi l’élimination du benzène et de l’acide S-phenylmercapturic dans les urines était-elle beaucoup plus élevée chez les sujets vivant en ville. Le niveau des composés aromatiques polycycliques associés aux particules variait entre 76, 21 et 103,23 dans Cotonou contre 1,55 ng/m3 pour le village témoin. La détermination des dommages sur l’ADN dans les lymphocytes a montré que les sujets vivant dans la ville avaient un nombre élevé de lésions comparés aux sujets vivants dans le village témoin.

Le Bénin est un importateur d’énergie électrique de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigeria. Plus de 85% de l’électricité consommée est importée. Malgré cette dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur, la consommation d’énergie électrique est en nette progression depuis l’année 2000 dans le pays. Sur la période 2007-2008, la consommation d’énergie électrique dans le secteur domestique et des services a augmenté de près de 6%.

La consommation énergétique concerne pour 60% la biomasse contre 38% pour les produits pétroliers et 2% pour l’électricité. Il en découle que malgré les efforts du gouvernement pour la promotion de l’utilisation du gaz butane, la pression exercée sur les forêts n’a pas diminué et les efforts de reboisement ne suivent pas toujours le rythme de prélèvement actuel. L’utilisation du charbon de bois et le bois de feu par la majorité des ménages dans le pays pratiques contribue à exercer une forte déforestation et contribue également à la pollution de l’air intérieur des habitations facteur d’exposition aux infections respiratoires aigües. Le Bénin dispose d’un important potentiel en eau dont seulement à peine 4 à 8% sont actuellement utilisés. Le taux de desserte en eau potable au niveau national a connu une amélioration depuis 2004.

Selon la Revue sectorielle Eau et Assainissement [4] de 2010, le taux de desserte nationale est de 61% en milieu rural et de 62% en zone couverte par le réseau d’eau de la SONEB, alors que les ambitions portées dans la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté [5] (SCRP 2011-2015) sont de 67,3% d'ici 2015. En ce qui concerne l’hydraulique villageoise, on observe encore des disparités d’un département à un autre, avec par exemple le département de l’Ouémé dont le taux de desserte est de 36,9% en 2011, contre 80,7% pour le Mono ; 79,2% pour le Zou et 70,1% pour l’Atacora. Il faut noter que malgré ces progrès évidents dans la mise en place d’ouvrages d’approvisionnement en eau, il existe toujours une frange de la population qui a recours aux sources alternatives (puits traditionnels, citernes, points d’eau privés qui ne répondent pas aux normes,...), ce qui les expose davantage aux risques de maladies d’origine hydrique.

En ce qui concerne l’hygiène de l’eau, il existe toujours des risques très élevés de contamination de l’eau tout au long de la chaine puisage-transport-conservation-utilisation. C’est ce que confirme le rapport d’évaluation d’impact des programmes d’approvisionnement en eau potable et assainissement au Bénin publié en Novembre 2011, par l’IOB (Direction de l’Évaluation de la Politique et des Opérations du Ministère des Affaires Etrangères des Pays Bas)

La situation actuelle de la gestion des excrétas et des eaux usées contribue fortement à la contamination de toute la nappe phréatique de Cotonou par les bactéries d’origines fécales Escherichia Coli. Certains puits sont contaminés par des bactéries hautement pathogènes telles que les Shigella, les Salmonella ou les VibrioCholerae, pourtant l’eau des puits est encore utilisée par de nombreux ménages pour divers usages domestiques.

Dans le cas particulier des milieux lacustres au Bénin, le problème de gestion des excrétas est accentué par les pratiques des populations qui se sont habituées à vivre sur l’eau depuis des siècles sans aucune disposition appropriée pour l’assainissement.

D’après le diagnostic de la filière de la gestion des déchets solides [6] réalisé en 2011 par le PNUD, l’ensemble des centres urbains du Bénin produit 1317 tonnes de déchets par jour, soit 480 589 tonnes par an, mais seulement 8% sont acheminés vers des sites aménagés, les 92% restants étant évacués le long des voies, directement dans la nature, sur des parcelles vides , dans des sites non homologués , les bas-fonds et les berges lagunaires, ce qui pose de sérieux problèmes de pollution des eaux, de l’air (odeurs désagréables), prolifération de vecteurs de maladies (choléra, paludismes, etc...).

Le Bénin est producteur, importateur et exportateur des produits chimiques. Les importations concernent les pesticides utilisés en agriculture, les pesticides utilisés en santé publique, les produits de consommation, les médicaments pour la médecine humaine ou vétérinaire, les engrais, les peintures/vernis,/solvants/matières colorantes, les produits pétroliers, les produits de nettoyage, les produits chimiques industriels (agro alimentaires, textile, brasserie, savonneries...), les produits cosmétiques (parfums, savons, désodorisants, vernis, produits défrisant, huiles, pommades...) etc... Les quantités de déchets toxiques (piles et métaux) contenues dans les déchets ménagers représentent 1,93% de la production nationale. Les déchets non toxiques (57,56% de la production nationale) sont constitués par les matières biodégradables (végétaux, papiers, cartons, tissus, cuir, os, coquilles etc).

Les pesticides destinés à la culture du coton ne sont pas toujours utilisés de manière adéquate. En effet, dans les zones où l’on cultive le coton, nombreux sont ceux qui utilisent les mêmes pesticides (insecticides, herbicides...) pour les cultures vivrières et leur conservation. La manipulation des pesticides sans équipements de protection appropriés provoque des brûlures, des éruptions cutanées, et des lésions oculaires. L’inhalation de certains produits entraîne des risques de problèmes respiratoires (asthme et toux) et d’intoxications aiguës ou chroniques.

Références

  1. Profil Bénin accidents de la route. 114Ko
  2. Pollution atmosphérique. Bénin. 1,68Mo
  3. Transport urbain Bénin.1,07Mo
  4. Revue sectorielle Eau-Assainissement Bénin. 1,29Mo
  5. SCRP. 2,70Mo
  6. Déchets solides. 1,45Mo