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Analytical summary - Social determinants

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L’état de santé des populations béninoises est conditionné par un ensemble d’indicateurs sociaux qui se situent essentiellement en amont du ministère de la santé et du système sanitaire. Ces déterminants qualifiés de sociaux vont de l’évolution démographie, à la bonne gouvernance en passant par l’état des ressources et infrastructure du pays, le niveau de pauvreté et l’inégalité dans les revenus, l’équité entre les sexes, l’éducation, les opportunités offertes par le partenariat mondial et les flux financiers internationaux, ou encore des sciences et technologies disponibles, la gestion des urgences et désastres de masse. Ainsi, le maintien d’un bon état de santé de la population nécessite une action multisectorielle forte à même de transformer le cadre de vie des populations en environnements favorables pour la santé. Au Bénin, à l’exception notable de la pauvreté et de la gouvernance qui sont des aspects essentiellement gérés par les OMD, les déterminants sont pour la plupart, des vecteurs favorables à l’accélération de la transmission des maladies. Deux ménages sur cinq sont pauvres du fait de la qualité de leurs conditions de vie.

Contents

La démographie

Au mois de juin 2013, le quatrième recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) réalisé par l’INSAE estime déjà la population du Bénin à environ 10 millions de personnes. Il ressort du rapport du Bénin sur l’enregistrement des fait d’état civil [1] qu’en réalité, quatre ministères sont chargés d’assurer l’administration et l’exploitation de l’état civil dans le pays:

  • Le Ministère de la Santé
  • Le Ministère de la Prospective, du Développement, de l’Evaluation des Politiques Publiques et de la Coordination de l’Action Gouvernementale ;
  • Le Ministère de la Justice, de la Législation et des Droits de l’Homme ;
  • Le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et des Cultes.

Ceci explique l’importance de la démographie dans le processus de développement socio-culturel et le rôle de son évolution sur la santé et le bien-être des populations.


Les ressources et infrastructures

La couverture en infrastructures sanitaires a connu une amélioration ces dernières années au Bénin. Mais des disparités existent notamment dans les départements du Zou /Collines où le taux de couverture en CS (76%) est en deçà de la moyenne nationale (89,03%). Si le taux de couverture en CHD est globalement satisfaisant, celui en hôpital de zone n’est pas reluisant. En effet il est de 60% dans l’Ouémé-Plateau, 67% au niveau du Zou-Collines et de 71% dans l’Atlantique-Littoral qui sont tous en deçà de la moyenne nationale (79%). Seuls les départements du Borgou Alibori et Mono Couffo sont totalement couverts en Hôpital de zone. En dehors de ces disparités, il y a également l’état de délabrement dans lequel se trouvent 40% de ces infrastructures qui pour la plupart ne sont pas toujours conformes aux normes.  


La pauvreté

Il ressort de l’édition 2010 du Rapport sur le développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) que sur les 192 Etats que compte le monde, ce rapport positionne le Bénin à la 134ème place en ce qui concerne l’Indice de développement humain. Le Bénin pour être l’un des pays ayant enregistré les progrès les plus significatifs ces dernières années en matière de lutte contre la pauvreté doit redoubler d’efforts car les cibles des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) relatifs à la lutte contre la pauvreté, l'emploi, l'environnement et les infrastructures seront difficilement atteintes au Bénin à l'horizon 2015, si les tendances actuelles se maintiennent. "Avec un indice de développement humain estimé à 0,427 en 2011, le classant ainsi au 167ème rang au niveau mondial sur 187 pays couverts, le Bénin est un pays à faible développement humain où la pauvreté demeure un sujet de préoccupation majeure avec 35,2% de la population vivant encore actuellement en dessous du seuil de pauvreté".

Les tendances de l'Indice de développement humain (IDH) dressent un tableau important à la fois aux niveaux national et régional et soulignent les écarts très conséquents en matière de bien-être et de potentialités qui continuent à diviser notre monde interconnecté.

Malgré la crise économique, le Gouvernement béninois a déployé d’importants efforts pour réduire la pauvreté des populations béninoises, précisément à travers l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes. Force est de constater que les recrutements importants dans la fonction publique, les microcrédits aux plus pauvres et les fonds d’aide à l’emploi et à l’auto-emploi ont soulagé, un tant soit peu, les couches vulnérables trop longtemps laissées pour compte. Bien d’autres projets et programmes initiés par le Gouvernement et soutenus par la communauté internationale, ont aussi contribué à changer la vie des béninois.


Les inégalités dans les revenus

S’il est vrai que des pseudo – inégalités s’observent, c’est aussi vrai que les partenaires sociaux (syndicalistes) affirment que la richesse nationale n’est pas répartie de façon judicieuse et équitable. En effet, ils ont l’habitude de brandir des rapports d’étude commandités par les bailleurs de fonds (Banque Mondiale et BIT) qui indiquent que la proportion des rémunérations des postes politiques, surpasse exagérément le cumul des salaires des autres travailleurs du pays; situation pour laquelle, ces derniers menacent de ne plus faire des concessions à l’occasion des négociations entre syndicats et Gouvernement. Cela va sans dire que c’est une situation qui ne fait qu’aggraver dans une certaine mesure la pauvreté et la précarité des populations, et par ricochet, les facteurs favorisant la dégradation de la situation sanitaire dans le pays.


L’équité entre les sexes

Il se trouve qu'il n’y a pas vraiment d’équité entre les femmes et les hommes au Bénin même si au niveau du gouvernement on note 30% de femmes contre 70% d’hommes. On peut citer entre autres les rapports d’étude sur :

  • Egalité de genre dans les services publics : « participation des filles aux formations techniques et scientifiques, secondaires et universitaires publiques au Bénin»
  • La collecte des données statistiques sur la femme et le genre / DECEMBRE 2012

Ainsi que des vulgarisations d’études sur  :

  • l’application du genre dans les politiques publiques, programmes et budgets des Ministères ;
  • la prise en compte globale du genre dans les politiques publiques au Bénin ;
  • l’évaluation de l’application genre dans les Programmes de Développement Communaux (PDC)

Dans les autres institutions de la République et autres instances de décision, cette équité est très loin de s’observer. De nombreux rapports d’études commanditées, dirigées et / ou menées par l’Institut National pour la Promotion de la Femme au Bénin confirment cette situation.

Composition des gouvernements du Bénin depuis le renouveau démocratique Tab14 equitgvt.jpg Source : Femmes du Bénin au cœur de la dynamique de changement social, Livre Blanc, FES 2008, & Données d’Enquête


Le partenariat mondial et les flux financiers

A l’instar des pays en voie de développement, et plus particulièrement, ceux trainant encore les séquelles de l’esclavage, de la colonisation et des programmes d’ajustement structurelles, les partenariats mondiaux se traduisent généralement au Bénin par les accords bilatéraux ou multilatéraux et on parle de partenariat Sud – Sud.

Le Bénin est lié aux autres pays aussi bien dans les espaces régionaux (Conseil de l’Entente, UEMAO, CEDEAO, …) que continentaux (UA). Du point de vue des partenariats avec l’occident, on a les appuis venant des pays de l’UE, du système des Nations Unis via l’OMS et les autres organes, de la coopération avec des pays développés. Que ce soit partenariat Sud- Sud ou partenariat Sud-Nord, le Bénin bénéficie quand même de nombreux appuis financiers et techniques orientés vers l’amélioration de la santé des populations. Des efforts sont cependant souhaitables pour conjuguer les efforts dans une synergie d’actions, pour éviter les doublons et rivalités dans les secteurs d’appuis technique et financier.


L'éducation

Les efforts du gouvernement béninois pour améliorer le système éducatif font l’objet depuis 2005 d’un Plan Décennal de Développement du Secteur Éducatif [2] mis sur pied en coopération avec l’Agence de Développement française et le Ministère danois des Affaires étrangères. L’impact dudit plan sur l’éducation primaire, secondaire, universitaire, technique et sur l’alphabétisation a été évalué en février 2012 et le volet réduction des maladies transmissibles et non transmissible constitue bien des impacts indirects de la mise en œuvre de ce plan.


Les sciences et technologies

Le développement des sciences et technologie (radio et télévision, routes, téléphone, TIC et internet,) accompagnent et accélèrent dans une large mesure, une meilleure maitrise des facteurs de risque et les réponses en temps opportun. Ces outils de communication favorisent ainsi une meilleure circulation des informations (IEC via les médias, sensibilisations, accès rapide à l’information et facilité des interventions médicales…). Cependant, des efforts restent à fournir pour mettre en œuvre (même à titre de projet pilote) une véritable cyber-santé opérationnelle.


Les urgences et désastres

La gestion des urgences médicales est assurée principalement par les services du SAMU et la Croix rouge même si les efforts sont souhaitables pour de meilleures performances. Quant aux désastres, le Ministère de l’intérieur par l’entremise de sa direction en charge de la gestion des catastrophes, coordonne les actions humanitaires mais il revient toujours aux acteurs du secteur sanitaire d’intervenir pour sauver des vies. Les actions de prévention des catastrophes évitables auraient certainement un impact si minime soit-il, sur le bien-être des populations. L’élaboration en 2009, du plan de contingence nationale qui se veut un guide d’actions opérationnelles afin de prémunir un éventuel et potentiel désastre [3], et la mise en place en 2011, de la plate-forme nationale pour la réduction des risques de catastrophe au Bénin avec la participation de la CEDEAO et du Système des Nations Unies ainsi que l’élaboration du document d'information sur la prévention des catastrophes au Bénin [4] constituent autant d’outils de suivi et de conduite à tenir pour les interventions en cas d’urgence et de désastre. Aussi, le Bénin adhère entièrement à la nouvelle stratégie régionale de gestion des risques liés aux catastrophes y compris par la mise en place d’une riposte intégrée de la santé aux urgences et aux catastrophes définie et mise en place en novembre 2012 par le Comité régional de l’Afrique à la soixante deuxième session de l’Assemblée Mondiale de la Santé [5]. Cette stratégie propose aux États Membres de l’OMS de renforcer la gestion des risques de catastrophe par : l’élaboration de lois et de politiques adaptées; le renforcement de capacités suffisantes au ministère de la Santé; l’évaluation et la cartographie des risques du point de vue du secteur de la santé; l’évaluation du niveau de sécurité des hôpitaux et des établissements de santé et l’application des normes y afférentes; le renforcement de la résilience des communautés et de la préparation; l’élaboration de normes nationales de riposte; le renforcement des bases factuelles et la gestion des connaissances.

Pour prévenir les catastrophes liées à l’environnement, le Ministère en charge de l’Environnement du Bénin, a initié le projet « Programme intégré d’adaptation pour la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire au Bénin (PANA 1) » [6] . Ce projet qui vise à renforcer les capacités des communautés agricoles pour qu’elles s’adaptent aux changements climatiques dans quatre (04) zones agro-écologiques les plus vulnérables du Bénin, intervient dans neuf (09) communes à savoir : Adjohoun, Aplahoué, Bopa, Malanville, Matéri, Ouaké, Ouinhi, Savalou et Sô-Ava. Il a pour objectifs spécifiques de contribuer, entre autres, à la réduction des risques climatiques sur la production agricole et l’amélioration des capacités de planification et de réponse du secteur agricole aux variabilités et changements climatiques dans les zones sus-mentionnées.

Références

  1. Etat-civil Bénin. 10,1Mo
  2. PDDE. 1,33Mo
  3. Climat
  4. Prévention Catastrophes Bénin
  5. Gestion des risques. Résolution AFRO RC62-6F. 294Ko
  6. PANA