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Analytical summary - Neglected tropical diseases

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Le Bénin, à l’instar de beaucoup d’autres pays africains mène une lutte contre les maladies invalidantes telles que la bilharziose, l’onchocercose la filariose lymphatique et bien d’autres. Cette lutte est menée par des programmes qui donnent des résultats encourageants. Pour améliorer et pérenniser les acquis ainsi obtenus, le Ministère de la santé a mobilisé autour de cette cause, certains partenaires internationaux, pour élaborer et mettre en œuvre un plan de lutte intégrée contre les maladies tropicales négligées. Deux groupes de maladies tropicales négligés existent au Bénin. Le premier groupe est constitué par des maladies pour lesquelles des stratégies de lutte ont été définies. Ce groupe comprend l’onchocercose, la filariose lymphatique, les vers intestinaux, la bilharziose, et le trachome. Le deuxième groupe est dénommé maladies à prise en charge des cas comprend, la trypanosomiase africaine ou maladie du sommeil, le ver de guinée, la lèpre et l’ulcère de Buruli.

La zone d’endémie à l’onchocercose au Bénin couvre une superficie de 81.000 km² s’étendant du nord jusqu’à environ 40 km au sud avant la mer. Cinquante et une (51) communes sur les soixante-dix-sept (77) que compte le Bénin sont ainsi endémiques avec une ampleur variant d’une région à l’autre.

La lutte antivectorielle se fait par épandage de larvicides dans les cours d’eau. Le traitement par l’ivermectine conduits avec méthode, année après année ont permis d’améliorer de façon importante les indicateurs entomo-épidémiologiques. Ainsi, en 2009, l’endémie onchocercose au Bénin se résume comme suit : 
  • Deux communes libérées
  • 24 communes non endémiques
  • 51 communes endémiques sous contrôle où se déroulent les activités résiduelles suivantes :
    • Le Traitement par Ivermectine
    • La Surveillance épidémiologique
    • La Surveillance entomologique
    • La lutte contre la nuisance

Une enquête nationale sur la bilharziose réalisée en 2003 a montré que la prévalence globale de la schistosomiase urinaire sur le plan national est en moyenne de 12% dont 15% chez les garçons et 8% chez les filles. Les départements du Borgou et de la Donga sont les plus touchés par la schistosomiase où plus d’un élève sur quatre souffrent de la maladie dans le Borgou.

Le trichiasis trachomateux n’est plus un problème de santé publique au Bénin cependant, le trachome évolutif est très présent chez les enfants de moins de dix ans en particulier dans l’Alibori. Les moyens de lutte contre la maladie sont :

  • L’antibiothérapie : Distribution de l’Azithromycine 250 mg à tous les enfants de 0 à 15 ans par voie orale et/ou Tétracycline pommade 1% par voie locale ;
  • Nettoyage du visage : dans tous les villages visités l’eau est disponible à proximité. Ce sont les parents qui ne prennent pas soins de l’hygiène des enfants après leur sevrage. Le degré de propreté des enfants est un facteur de risque important dans la survenue du trachome.
  • Changement de l’environnement.
    • sensibilisation à la cessation de la cohabitation homme /bétail ;
    • gestion des ordures ;
    • construction et utilisation des latrines.

La situation épidémiologique de la Trypanosomiase Humaine Africaine (THA) ou maladie du sommeil au Bénin n’est pas connue avec précision à cause de la faiblesse de la surveillance épidémiologique. La maladie sévissait à l’état endémique dans les départements de l’Atacora et de la Donga qui couvrent une superficie de 31 200 km2 répartie en 13 communes avec environ 714 613 habitants. La surveillance épidémiologique est encore timide. La collecte des données n’est pas systématique et ne se fait pas dans toutes les formations sanitaires. La surveillance épidémiologique doit être conduite avec rigueur pour détecter les éventuelles poches de maladie qui subsisteraient encore.

Quant à la lèpre, le taux de prévalence est de 0,21 pour 100.000 habitants au Bénin. Il est largement en dessous du seuil d'élimination sur le plan national, même si à l'intérieur du pays, des poches restent encore très actives. En 2011, selon le rapport annuel du programme de la lèpre 246 nouveaux cas sont dépistés dont 193 formes multibacillaire ou MB (78%) et 53 formes paucibacillaire ou PB (22%). Sur les 193 MB 43 (22%) sont à bacilloscopie positive. On note donc toujours une prédominance des formes contagieuses, ce qui témoigne de la persistance de la circulation du Bacille de Hansen. Etant donné que la maladie à une période d’incubation longue on pourrait penser que ceux qui feront la lèpre les prochaines années sont déjà infectés aujourd’hui. Pour rompre la chaine de transmission, le dépistage et le traitement précoce demeure la meilleure stratégie. Les départements du Zou, du Plateau et de l’Atacora ont dépisté le maximun de cas soit respectivement 63 (25,6%), 51 (20,7%), 47 (19,2%). Le dépistage reste faible dans les départements du Borgou (8,5%), des Collines (5,7%), de l’Atlantique (5,7%), de la Donga (4,9%), du Couffo (3,7%), de l’Ouémé (2,8%) et du Littoral (2%) avec au moins deux communes silencieuses. Toutes les communes du Mono et de l’Alibori restent silencieuses en 2011 sauf les communes de Bopa, de Houéyogbé et de Gogounou qui ont dépisté 1cas chacune. Les stratégies de lutte contre la maladie sont le dépistage et le traitement précoce. 20% des malades portent au dépistage une infirmité de degré >1. Soit un malade sur cinq. Ce résultat est stationnaire depuis déjà plusieurs années. Une analyse profonde de ses déterminants est nécessaire afin de mettre en œuvre des actions correctrices appropriées.

Selon le rapport d’activité 2012 du Programme National de Lutte contre la l’Ulcère de Buruli 365 nouveaux cas d'ulcère de Buruli (UB) ont été dépistés en 2012 sans aucun cas de rechute. La forme ulcérée de l'UB vient en tête (42%) suivie de la forme forme mixte (30%). Les autres formes restent minoritaires. Sur l’ensemble des nouveaux cas dépistés en 2012, on dénombre 188 hommes (52%) pour 177 femmes (48%). Il n’y a donc pas une discrimination par rapport au sexe. L’Ulcère de Buruli touche encore une proportion non négligeable d’enfants (< 15 ans). On enregistre 194 cas soit une proportion de 54% de l’effectif total des cas dépistés. Cette tranche d’âge est la plus touchée. Les personnes en âge de travailler sont également affectées par la maladie (32%) ainsi que celles du 3ème âge (14%).