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Analytical summary - Child and adolescent health

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La réduction de la mortalité maternelle et néonatale constitue une préoccupation majeure pour le gouvernement du Bénin. En effet, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) appellent à une réduction de la mortalité maternelle de trois-quarts entre 1990 et 2015 et de deux-tiers la mortalité infantile dans la même période. Au Bénin, le niveau et la tendance de la mortalité sont fonction des socio-économiques et culturelles, de l’environnement pathologique, des conditions sanitaires, des conditions politiques et des facteurs biogénétiques qui prévalent dans une population et dans les différentes couches sociales de cette population. Le Bénin présente encore un taux relativement élevé de mortalité chez les enfants même si l’on est sur une tendance baissière depuis 1996. En effet, selon les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé et à indicateurs multiple du Bénin (EDS-MICS IV) 2011-2012 [1], le Taux de Mortalité Infanto-Juvénile (TMIJ) est passé de 166,5 pour mille naissances vivantes en 1996 à 160 en 2001, et à 125 en 2006 puis à 70 en 2011. La mortalité de 2011 révèle plusieurs disparités géographiques, de résidence et de niveau de vie. Les départements connaissent des niveaux très variés de mortalité. Six sur 12 départements présentent des niveaux de mortalité supérieurs à la moyenne nationale. Le taux de mortalité varie de 82‰, niveau le plus bas, dans le Littoral à 184‰ dans la Donga. Le TMIJ est plus élevé en milieu rural (145‰) qu’en milieu urbain (116 ‰). L’analyse des données montre une corrélation positive entre le niveau de pauvreté des ménages et la mortalité des enfants d’une part et entre le niveau d’instruction des mères et la mortalité des enfants d’autre part. L’âge de la mère est fortement et négativement corrélé avec la mortalité. Cette information indique que les connaissances, compétences et pratiques des mères qui sont des variables déterminantes dans l’état de santé des enfants, s’acquièrent avec l’âge et qu’il est crucial de lutter contre les grossesses précoces. Les mêmes tendances s’observent lorsqu’il s’agit de l’intervalle inter-génésique précédant les naissances. Plus les intervalles génésiques sont grands, plus l’enfant à des chances de survivre. De même le TMIJ du quintile de bien être le plus riche (44%) est la moitié de celui enregistré dans le quintile le plus pauvre (88%). Ces décès d’enfants de moins de cinq ans surviennent pour la plupart à domicile dans 69,3% (IC : 55,4 – 83,1) des cas. L’enquête démographique et de santé (EDSB-2) de 2001 a révélé, pour l’ensemble du Bénin, que seulement 6% des décès d’enfants de 0-5ans sont enregistrés dans les formations sanitaires publiques.

La santé de la reproduction des adolescents et des jeunes (SRAJ) est une priorité des actions ou interventions en matière de développement. Le Ministère de la Santé a à cet effet élaborer une Stratégie Nationale Multisectorielle de Santé Sexuelle et de la Reproduction des Adolescents et Jeunes au Bénin pour la période de 2010-2020 [2]. La SRAJ fait l’objet de divers programmes ou projets communautaires. Ces programmes et projets visent l’atteinte des OMD ainsi que l’arrêt de la propagation des IST et du VIH Sida parmi les adolescentes (10-19 ans). Le Code des personnes et de la famille (2004) du Bénin fixe l’âge minimum au mariage à 18 ans. Les résultats de l’EDS montrent que 0,4 % d’adolescentes de 10-14 ans sont déjà mariées ou vivent avec un partenaire. Dans l’ensemble de la population des 10-17 ans, près de 2 % sont déjà en union : 3 % des filles et 0,4 % des garçons. Ce phénomène de précocité de l’union est nettement plus fréquent en milieu rural qui enregistre près de quatre fois plus de jeunes filles en union que le milieu urbain (4,5 % contre 1,2 %). Les unions précoces sont dix fois plus fréquentes dans les ménages les plus pauvres que dans les ménages les plus aisés. Actuellement, les adolescents se trouvent confrontés à d’importants problèmes de santé sexuelle et de la reproduction notamment la prolifération des IST/ VIH/Sida, la non utilisation de méthodes contraceptives dans un contexte de rapports sexuels non protégés, la fréquence des grossesses non désirées et les complications des avortements provoqués, l’utilisation de sources non fiables d’information en santé des adolescents et jeunes, le commerce sexuel du fait de la dégradation des mœurs et de la situation économique précaire. Une telle situation affecte les indicateurs nationaux en SRAJ/VIH qui sont encore faibles eu égard aux moyens actuellement mis en œuvre. Ces indicateurs sont notamment :

  • (i) une prévalence contraceptive faible (2,9% pour les 15-19 ans) par rapport à la moyenne nationale estimée à (7,9 %) en 2011,
  • (ii) une précocité des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans (13,12 % des filles ont déjà eu des rapports sexuels selon la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSB-III).
  • (iii) la prévalence des IST est élevée chez les adolescents et les jeunes.
Au Bénin, les enfants mal nourris courent un risque élevé de morbidité et de mortalité ; en outre, la malnutrition affecte le développement mental de l’enfant. L’état nutritionnel des enfants est évalué sur la base de mesures anthropométriques. 

Selon l’enquête Les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé et à indicateurs multiple du Bénin (EDS-MICS IV) 2011-2012, 48 % d’enfants de 12-23 Dans l’ensemble, 45 % des enfants souffrent de malnutrition chronique : 28 % sous la forme sévère. Le niveau du retard de croissance augmente rapidement avec l’âge : de 21 % chez les enfants de moins de 6 mois, il passe à 35 % chez ceux de 9-11 mois, puis continue d’augmenter pour atteindre un maximum de 50 % à 24-35 mois, et se maintient à un niveau élevé après cet âge. Les enfants du milieu rural accusent plus fréquemment un retard de croissance que ceux du milieu urbain (46 % contre 42 %). La prévalence de la malnutrition chronique varie d’un minimum de 36 % dans le Couffo à un maximum de 59 % dans le Plateau. Par ailleurs, les résultats montrent que le niveau de malnutrition chronique est nettement influencé par le niveau d’instruction de la mère : de 46 % chez les enfants de mère sans instruction, et de 38 % parmi ceux dont la mère a un niveau primaire, la proportion d’enfants atteints de malnutrition chronique passe à 33 % chez ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus.

Selon l’Enquête Démographique et de Santé et à indicateurs multiple du Bénin (EDS-MICS IV) 2011-2012, 54 % des enfants de 12-23 mois ont un carnet de vaccination. D’après les carnets de vaccination ou les déclarations des mères, 48 % d’enfants de 12-23 mois ont été complètement vaccinés et 10 % n’ont reçu aucun vaccin.

De manière spécifique, 88 % des enfants ont reçu le BCG ; dans 85 % des cas, les enfants ont reçu la première dose de DTCoq ; dans la même proportion (85 %) des cas, ils ont reçu également la première dose de polio et 70 % des enfants de 12-23 mois ont été vaccinés contre la rougeole. La dose de Polio 0 (à la naissance) a été reçue par plus de quatre enfants sur cinq (82 %). Pour le DTCoq et surtout la Polio, les déperditions sont importantes entre la première et la troisième dose. De 85 % pour la première dose de DTCoq, la couverture tombe à 82 % pour la deuxième et à 74 % pour la troisième, soit un taux de déperdition de 13 %. En ce qui concerne la Polio, les pourcentages respectifs sont 85 %, 79 % et 56 %, soit un taux de déperdition très élevé de 34 %.

La couverture vaccinale complète varie énormément d’un département à un autre. Dans les départements des Collines (66 %), de la Donga (63 %), de l’Atacora (60 %), du Littoral et du Zou (57 % chacun) et de l’Ouémé (50 %), au moins la moitié des enfants de 12-23 mois ont été complètement vaccinés. À l’opposé, dans les départements de l’Alibori (26 %), de l’Atlantique et du Couffo (35 % chacun), les proportions sont largement en dessous des 50 %. C’est aussi dans le département de l’Alibori (29 %) que l’on trouve la proportion la plus élevée d’enfants de 12-23 mois n’ayant reçu aucun vaccin. L’instruction de la mère a aussi un effet positif sur la vaccination des enfants : le taux de couverture vaccinale complète passe de 44 % chez les enfants dont la mère est sans instruction à 59 % chez ceux dont la mère a au moins un niveau secondaire.

En 2012, selon l’Annuaire des Statistique Sanitaire [3], la couverture vaccinale du Bénin est de 94,7%. Le tableau ci-après présente la couverture vaccinale par antigène chez les enfants de 12-23 mois selon l’EDS IV

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Pour accélérer la réduction de la mortalité pour l’atteinte des OMD 4 et 5 d’ici fin 2015, le Ministère de la Santé a élaboré la stratégie de réduction de la mortalité maternelle et néonatale pour la période de 2006 à 2015 [4] ainsi que le plan stratégique de mise en œuvre de la prise en charge des maladies de la mère et de l’enfant (PCIME). Pour relever des insuffisances après cinq ans de mise en œuvre, un nouveau plan de la Stratégie de Réduction de la Mortalité Maternelle et Néo-natale a été élaboré pour la période de 2012 à 2015 [5] et a deux objectifs spécifiques :

1. Atteindre une couverture effective (impliquant le critère qualité) de 90 % des mères et des nouveau-nés de toutes les interventions à haut impact (IHI) sur la RMMN d’ici à 2015.

2. Assurer la prise en charge des 100 % des complications obstétricales dans les FS/SONU.

Références

  1. EDS-MICS 2011-2012. 464Ko
  2. SRAJ. 427Ko
  3. Annuaire statistiques 2012. 4,62Ko
  4. RMMN Bénin 2006
  5. Document de stratégie RMMN. 609Ko